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Son enseignement : |
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Plaque à
l'entrée
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Pour André Marchal, l'enseignement de l'orgue était avant tout un enseignement de la musique. A l'Institut des Jeunes Aveugles (où il exerça pendant de nombreuses années la fonction de professeur d'orgue) cet enseignement était dispensé chaque semaine et le maître ne comptait pas son temps. Les cours étaient partagés entre exécution et improvisation ; Ils étaient collectifs car Marchal tenait à ce que nous nous écoutions les uns les autres, en évitant toutefois tout esprit de compétition : comme tout vrai maître, il savait respecter la diversité des personnalités. Ce que j'ai retenu entre autres choses, de l'atmosphère des cours d’André Marchal, c'est tout d'abord le côté vivant: après nous avoir écouté attentivement, il commentait notre travail, et souvent, n'hésitait pas à se mettre lui-même à l'instrument, prêchant d'exemple ; tout enseignant sait que cela représente un risque certain devant des jeunes étudiants généralement peu enclins à l'indulgence, même envers un maître unanimement estimé. Mais ce risque, il l'assumait avec le sourire, faisant passer la musique avant cette pseudo perfection technique tellement prisée actuellement. Si la musique était sa principale préoccupation, la technique n'était pas négligée pour autant; mais en cette matière, son approche a toujours été très libérale : les gammes et autres exercices ne l'obsédaient pas; l'apprentissage technique n'était pas séparé de la musique, seul but à atteindre. Là aussi se manifestait le respect qu'il portait aux personnes et en conséquence, l’impossibilité de concevoir un enseignement systématique et standardisé. Et avant tout, c'était la musique. Sa culture en ce domaine était considérable et il tenait à nous la faire partager et à stimuler notre curiosité. Cette curiosité ne se limitait pas à la musique d'orgue. Il lui arrivait parfois de se mettre au piano. Nous avons également tous le souvenir des séances d'audition d'enregistrements au cours desquelles il nous mettait en contact avec des musiques parfois très avancées.
Ce choix, s'il peut paraître restreint, touche cependant à un élément très important du discours musical: le temps. Plus que tout autre musicien, l'organiste doit savoir que la maîtrise du temps est son principal moyen d'expression. Maîtriser le temps c'est bien sûr choisir et savoir garder un tempo, mais c'est aussi quelque chose de beaucoup plus subtil: c'est savoir que le temps musical n'est pas régi par l'arithmétique et qu'une croche n'égale pas toujours une croche. Ainsi toute l' agogique d'une phrase musicale va dépendre de délicates inflexions des durées qui la composent, durées que la notation est absolument incapable d'exprimer. De cette spécificité du jeu de l'orgue, André MarchaI a toujours eu une pleine conscience. Sa vive intelligence, guidée par une intuition très sûre, lui a permis d'établir, sans dogmatisme, un certain nombre de principes qu'il a su partager avec les nombreux étudiants qui ont eu la chance de bénéficier de son enseignement. Bien entendu, cet enseignement ne s'est pas limité à cet aspect (si important soit- il) de l'interprétation: dans ses cours, l'art de la registration et certaines notions de facture d'orgue tenaient une large place. En ce qui concerne le répertoire, Marchal n'avait aucune exclusive. On peut dire que dans sa classe, nous avons fréquenté un répertoire s’étendant du quatorzième au vingtième siècle, les seules limites étant la difficulté de se procurer des partitions en braille. André MarchaI fut un grand improvisateur. Sa pratique de l'improvisation était marquée par la poésie, beaucoup plus que par le faux brillant et le spectaculaire. La facture d'orgue était aussi une des grandes passions de notre maître. Il ne manquait jamais une occasion de nous parler des instruments qu’il avait connu dans ses nombreux voyages et cette connaissance n'était pas uniquement théorique: il mettait lui-même la main à la pâte; combien de fois l’avons – nous vu pénétrer dans l'instrument de la classe, pour resserrer un écrou ou accorder un tuyau. Certes André Marchal fut un maître remarquable, mais il fut aussi un homme de rencontre et d'amitié. Pour l'amitié et pour la musique, il aimait rassembler autour de lui élèves et amis venant du monde entier. Là s'exprimait, souvent avec une pointe d’humour, sa grande courtoisie qui, au-delà des conventions mondaines, venait vraiment du cœur. L.T. Liste des élèves d’André Marchal ayant obtenu le premier prix d’orgue au Conservatoire de Paris( d’après Gaston Litaize in ref. 2) :André Stiegler , 1925 ; Noélie Pierront , 1928 ; Jean Langlais ,1930 ; Antoine Reboulot , 1936 ; Xavier Dufresse , 1952 ; Georges Robert , 1953 ; Louis Thiry, 1958 ; Jean Wallet , 1963 ; Jean –Pierre Leguay, 1966 ( à la fois élève de Litaize et de Marchal) ; Anne Marie Barrat, 1976. Le cadre nécessairement limité de ce site ne nous permet pas de donner ici la liste de tous les élèves du Maître.
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