Introduction

Le Renouveau de l'orgue français




André Marchal, Octobre 1971
(Profil droit)

 

Incontestablement, André Marchal (1894-1980) est bien l’interprète  par qui l’Orgue Français s’est renouvelé. Certes il ne fut pas le seul, il faut citer les noms de ses aînés : Guilmant et Pirro, Jean Huré, Joseph Bonnet, Charles Tournemire  , mais c’est lui qui, grâce à une nouvelle lecture des  œuvres anciennes,  en particulier de J. S. Bach, a été le promoteur de ce renouveau. Aujourd’hui, il n’est que de comparer  ses premiers enregistrements de Bach à ceux de ses illustres collègues , aussi connus comme compositeurs que comme virtuoses , mais qui restèrent dans la tradition de l’orgue symphonique. Comment Marchal a t-il pu  changer si radicalement l’interprétation de la musique postromantique d’orgue ? Chez son maître Eugène Gigout , il a puisé des leçons de clarté et de vivacité dans l’exécution, l’improvisation et l’écriture ; ne dit–on pas que les improvisations de cet organiste auraient pu être  signées Joseph Haydn ? Sorti du Conservatoire, le jeune Marchal prit conscience que la façon dont on jouait alors J.S. Bach ne le satisfaisait  pas plus sur le plan  de la registration , des tempi, que du phrasé  qui était  remplacé par un code standard , enseigné alors  au nom d’une soi-disant tradition, sans fondement historique aucun, concernant la façon de  répéter et de lier les notes , un legato absolu étant exigé . Il interroge alors les partitions et découvre le fameux phrasé de  Wanda Landowska, servi par  un  regain d’intérêt  en France pour le clavecin. André Marchal racontait que rien ne lui faisait plus plaisir que  d’entendre certains de ses collègues dire de lui qu’il n’était pas un organiste mais un claveciniste ! Je l’ai souvent entendu relater que Widor l’ayant écouté répéter à St. Sulpice le Prélude et fugue en sol majeur de Bach en vue d’une messe de mariage lui déclara qu’il jouait  beaucoup …trop vite !  Le principal  titre de gloire de Marchal a été de faire découvrir la musique Française  d’orgue, en particulier les deux messes de François Couperin et l’œuvre de Nicolas de Grigny totalement méconnues  à l’époque. Il n’empêche : l’immense répertoire du maître s’enrichissait de jour en jour  dans le domaine romantique.  Il apprenait , en outre, au fur et à mesure qu’elles étaient composées les nouvelles pièces de Jehan Alain, Messiaen, Jean Langlais qu’il a contribué à faire connaître.

 

 
 
 
 
 
 
 
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